1. Contexte et objectifs généraux
Le domaine de recherche en Hydrogéochimie et transferts en milieux poreux du LMHE s’intéresse aux mécanismes couplés régissant le déplacement des solutés (éléments majeurs, oligo-éléments, polluants organiques et inorganiques) dans les aquifères et les zones non saturées. L’objectif est de comprendre comment les réactions géochimiques (précipitation/dissolution, adsorption/échange, complexation, oxydo-réduction) influencent la mobilité et la dégradation des espèces chimiques au sein de la matrice poreuse naturelle ou anthropisée.
2. Approches expérimentales et de modélisation
Les travaux associent étroitement des expérimentations en laboratoire (colonnes, réacteurs batch, micromodèles transparents) et des développements numériques avancés. Les modèles de transport réactif (couplage écoulements de Darcy, équation d’advection-dispersion, lois cinétiques ou à l’équilibre) sont implémentés et validés sur des cas d’étude réels, permettant de simuler la propagation de panaches polluants ou l’atténuation naturelle de contaminants dans les nappes.
3. Principales thématiques applicatives
Les recherches couvrent plusieurs problématiques environnementales prioritaires : la salinisation des aquifères côtiers (intrusion marine, lessivage de sels), la mobilité des métaux lourds et des nitrates issus des activités agricoles et industrielles, ainsi que le devenir des micropolluants organiques (pesticides, résidus médicamenteux). Une attention particulière est portée aux interactions eau-sédiment et à l’influence de l’hétérogénéité des milieux poreux (fractures, lentilles, double porosité) sur les chemins de transfert.
4. Couplages avec l’hydrologie quantitative
L’originalité du LMHE est d’intégrer cette thématique dans une vision plus large du cycle de l’eau, en couplant les bilans hydriques quantitatifs (flux d’eau, temps de résidence) avec les bilans géochimiques. Ainsi, la modélisation des transferts réactifs s’appuie sur une caractérisation précise des régimes d’écoulement (saturé/non saturé, transitoires) et des temps de contact entre l’eau et la matrice poreuse.
5. Retombées et partenariats opérationnels
Les résultats alimentent des outils d’aide à la gestion pour la protection des captages d’eau potable, la dépollution des sites contaminés, l’évaluation des risques sanitaires et la gestion durable des ressources en eau souterraine. Le LMHE collabore avec les agences de bassin, les bureaux d’études, l’ANPE et les universités internationales pour transférer ces modèles vers les acteurs de terrain tunisiens et méditerranéens.



